44 km pour le prix de 40

Nos amis d’outre Manche ont l’habitude de dire « If you fail, try, try again ». Alors, je l’ai mis en pratique pour ma course d’endurance en catégorie Amateur 3. Moins d’une semaine après être rentré bredouille de Saint-Crépin-aux-Bois, me voici de nouveau sur la ligne de départ pour 40km. Aujourd’hui, c’est à Vigny dans le Vexin avec une météo moins favorable, a priori pour le cavalier. Sous mes fesses, c’est une nouvelle selle, enfin l’ancienne Devoucoux de Michel, et encore en dessous Pagode de l’Abbaye (notez le contraste entre les termes). Bref, hormis la météo, ça devrait être une simple promenade de santé.

À quelques minutes du départ, quelques nuages menaçants m’invitent à prendre un K-Way…

Le départ arrive enfin. Michel m’accompagne avec Osiris. Les trois premiers kilomètres sont avalés rapidement, bien que le terrain soit détrempé et les chemins boueux. Rapidement, Pagode montre des signes de fatigue. Elle baisse régulièrement la tête pour reprendre son souffle et rechigne à accélérer le trot. Notre moyenne commence à chuter. Le terrain n’est pas particulièrement roulant, l’atmosphère est lourde, les faux plats sont nombreux. Et ce qui devait arriver, arriva, la pluie se mit de la partie. La promenade de santé s’est transformée en exercice plus sportif. Rajoutez à celà un petit pont de pierre qu’aucune des deux juments n’accepte de traverser et vous aurez une meilleure idée du tableau.

Fin de la première boucle, nous avons 4 minutes de retard, non pas sur une moyenne de 15 km/h mais simplement de 12. Examen rapide des chevaux : Pagode a perdu un fer à un antérieur. Passage en urgence chez le maréchal avant de se présenter pour l’examen vétérinaire. Ça passe, rien à redire, un cardiaque de 40 (36 au départ), indique que la jument n’est pas fatiguée, elle est juste peu motivée. Pas grave, je vais apprendre à tenir une cravache en plus de mes rênes.

Départ de la seconde boucle. Là, il faut bien l’avouer, on a un peu trop traîné… Nous partons avec 5 minutes de retard supplémentaire, comme si nous en avions besoin.

Les premiers kilomètres nous permettent de reprendre une partie de notre retard. C’est boueux, mais nous savons qu’ensuite c’est pire, alors nous n’avons pas trop le choix, c’est trot et galop. Pagode semble plus allante. Est-ce les petits coups de cravache pour la rappeler à l’ordre ou le fait qu’elle est enfin réveillée, je n’en sais rien, mais ce qui compte, c’est qu’elle avance.

Comme prévu nous ralentissons sur les faux-plats et dans la partie en forêt. Le chemin est trop torturé et boueux pour nous permettre de prendre plus de risques (à mon niveau).

Arrivés au niveau du petit pont, cette fois-ci, ça passe, mais plutôt en le sautant qu’en l’enjambant…

La fin de la course se compose d’une monté en forêt, longer un terrain de tir, un terrain roulant pour galoper, une descente sur la route sur laquelle nous trottons. Même si nous sommes allés plus vite que la première boucle, nous prévoyions un retard de 2 minutes au final… Dans ces cas là, on oublie les bases de l’endurance équestre pour récupérer son retard. Les deux derniers kilomètres sont la remontée de la côte sur la route puis un chemin de terre pour revenir au club hippique. Nous avions naturellement remonté la cote au pas sur la première boucle, pour notre deuxième passage, nous relançons le trot dès le bas. Après quelques centaines de mètres, Osiris prend quelques dizaines de mètres d’avance sur Pagode. Cette dernière ne veut pas allonger son trot, j’obtiens donc un galop en montée pour recoller à Michel. Puisque nous arrivons en haut, inutile de mollir et les deux chevaux sont envoyés sur le chemin de terre au galop pour le dernier kilomètre. Le jeu en a valu la chandelle, nous arrivons au final avec 1 minute 30 d’avance sur le temps minimal. Une telle fin de course n’est pas recommandable, mais cette course contre la montre la rendue bien grisante !

Après 30 minutes de récupération, les chevaux sont présentés au contrôle vétérinaire. Les deux juments ont un cardiaque à 40 et aucun signe de fatigue ce qui réjouit Claude et me qualifie pour mon amateur 3.

5 minutes plus tard, la petite pluie que nous avions pendant la journée se transforme en déluge qui va durer une bonne demi-heure. Nous prenons un barquette de frites à la buvette improvisée, ce qui nous permet de voir arriver sous la pluie ceux qui arrivent après nous. Si nous n’avions pas accéléré, nous serions d’une part arrivés en retard, mais bien trempés d’autre part… L’organisatrice du concours nous indique que personne ne sera éliminé pour non respect de la vitesse minimale, ce qui rend notre performance moins minable.

Je regrette un peu le confort de mon grand Guerlun et surtout son trot qui déménage. De plus ma position sur la selle ne devait pas être idéale. J’ai passé un long moment en appui sur les quartiers placés à l’avant. J’ai deux gros bleus assez douloureux sur les cuisses, mais pas de courbature.

Au moins, 40 kilomètres, ça se mérite plus que 20.

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