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Archive for juillet, 2008

167 + 1 à Kouré

27 juil

On m’en avait parlé, j’avais essayé de m’y rendre sans succès durant mon premier séjour au Niger.

Où donc ? (le premier qui répond « au Parc Astérix » sort)

Et bien dans la réserve de Kouré afin de voir évoluer en liberté les dernière girafes blanches d’Afrique.

Blanches elles ne le sont pas, mais leurs motifs sont beaucoup plus clairs que ceux des girafes plus traditionnelles que l’on croise dans les zoos du monde entier.

Il y a 15 ans, avant qu’elles ne soient protégées, elles n’étaient plus qu’une grosse soixantaine. Sachant qu’une girafe se nourrit d’une trentaine de kilos de végétaux par jour (surtout de l’acacia), on comprendra aisément qu’elles n’aient pas que des amis parmi les paysans. Ces derniers les chassaient donc et en consommaient la viande.

Aujourd’hui ces girafes sont protégées, et des fonds sont alloués aux plantations d’acacia et également aux dédommagements des cultures des paysans afin d’éviter le braconnage de ces animaux. La formule semble fonctionner puisque maintenant on dénombre 167 individus répartis en quelques troupeaux qui voyagent du Niger au Burkina Fasso.

La girafe est un animal docile qui se laisse approcher jusqu’à une vingtaine de mètres avant de songer à s’éloigner un peu. Elle considèrent toujours l’homme comme un prédateur potentiel, et malgré leur avantage de taille (un peu moins de 5m pour 800 kg pour les femelles et jusqu’à 6m50 pour 1200 kg pour les mâles), elles préfèrent jouer la carte du retrait plutôt que celle de la confrontation.

Nous aurions souhaité partir à leur rencontre avec Badi, notre chauffeur presque habituel et son Berlingo, mais nous avons été pris de vitesse par d’autres qui ont eu la même idée… Après quelques recherches, nous avons trouvé un autre chauffeur, et, coup de chance, c’est en 4×4 pickup Mitsubishi que nous partons. Ce 4×4 nous sera utile puisque nous allons à l’aide de notre guide, Sidou, parcourir la brousse hors des sentiers battus pour partir à la rencontre de ces créatures qui me ramènent à ma juste taille !

Arrivés dans la réserve, il ne nous faut que quelques minutes de piste pour découvrir un premier groupe de girafes. La rencontre dure quelques minutes, mais n’est pas celle qui me laissera un souvenir impérissable.

Nous reprenons la piste (et non, pas la route), et nous partons dans un autre endroit chercher un autre troupeau. Le 4×4 nous permet de nous aventurer plus loin des pistes et nous amène jusqu’à une bordure de bute d’où nous pouvons admirer la brousse sur quelques kilomètres et surtout identifier la présence des girafes. De notre point de vue, nous identifions un autre troupeau à un petit kilomètre et partons à sa rencontre à pied. Aujourd’hui, le temps est couvert et si il ne fait pas 40° à l’ombre, il fait à l’aise entre 30° et 35°, ce qui est largement suffisant pour notre petite vadrouille.

Nous nous dirigeons d’abord vers 2 girafes qui sont un peu à l’écart du reste du troupeau. Sidou, notre guide, nous présente Sidou, un grand mâle d’une vingtaine d’années qui porte son nom. Sidou est aisément identifiable par une corne cassée. Cette corne Sidou l’a perdu dans un combat, mais reste depuis un mâle dominant.

Sidou & sa compagne

Sidou & sa compagne

Si Sidou est à l’écart avec une femelle, c’est pour une raison bien particulière. Moi même qui ne suis pas spécialiste de cet animal m’en rends bien vite compte. Nous pouvons nous approcher mais je reste attentif, prêt à presser le déclencheur. Soudainement Sidou assaillit sa demoiselle qui bondit aussitôt. J’étais prêt et j’empoche trois images de cette action qui n’a pas duré deux secondes. Je me retourne vers Sidou, notre guide et je lui dit « Raté… » pensant que la femelle n’avait pas été consentante. Sidou m’annonce avec fierté : « Non, réussi… ». Naturellement, comme la gestation dure 15 mois, je ne serai pas là pour vérifier si il avait raison… J’appréciais particulièrement les émissions animalières étant plus jeune, mais je n’ai le souvenir d’aucune d’elle qui détaille l’accouplement et surtout ce qui suit. La girafe a en effet des habitudes scatophiles. Si j’ai eu l’occasion d’assister au « spectacle », j’ai eu la décense pour ces dernières de ne pas immortaliser l’acte…

On me regarde ?

On me regarde ?

Après ce petit quart d’heure éducatif, nous partons à la rencontre du reste du troupeau. Nous découvrons deux girafons qui font la sieste sous un arbre, protégés par leurs congénaires.

Les girafons sont curieux mais pas trop. Alors que nous continuons notre approche, ces derniers décident d’aller voir ailleurs si nous y sommes. C’est pas si facile de se relever lorsqu’on a de grandes pattes, un long cou et que l’on est sous un arbre…

Il est temps de rentrer, surtout que j’avais pensé à prendre mon sac photo au complet… mais pas de bouteille d’eau… Une chose est sûre, ce coca pris à l’hotel en rentrant, je l’ai savouré !

 

Voleur d’images

26 juil
Barque de pêcheurs sur le fleuve Niger

Barque de pêcheurs sur le fleuve Niger

Enfin…

Second séjour à Niamey et l’ambiance est un peu moins studieuse. Pour la première fois depuis que j’ai posé les pieds dans cette ville, j’ai l’occasion de vadrouiller.

Ni une, ni deux, je prends mon sac photo qui commençait à se demander si je ne lui faisais pas un peu la tête. Comme il est 17h30 en ce samedi et que le soleil commence à se rapprocher de l’horizon, je décide de partir à l’exploration des rives du fleuve dont j’ai un bel aperçu depuis la fenêtre de ma chambre. Pour se faire, c’est simple : sortir de l’hôtel, remonter un peu le boulevard et prendre la première rue qui redescend vers le fleuve.

Comme je le pressentais, je commence à peine ma descente dans cette rue que je suis abordé par un « mendiant ». Il a à peu près 15 ans, il lui manque une jambe. Je pourrai essayer de l’écarter, mais ce n’est pas certain qu’il ne me suive pas et cela laisserait la place libre à d’autres. Bref, puisqu’il est là, je le garde, il n’attend rien d’autre qu’une pièce qui tombe et va me servir de guide dans le quartier dans lequel je m’aventure.

Mon objectif est de mettre les pieds sur les berges du fleuve. Bien qu’étant à Niamey, il n’y a pas de berge en dur. Le fleuve dispose d’un lit assez large et monte et descend rapidement en fonction des pluies sur son bassin. Alors que la rue m’amène doucement vers les berges, je remarque que ces dernières ne sont pas exactement des terrains libres d’accès. Beaucoup y ont établi leur demeure ou exploitent la zone. On y trouve quelques cultures, variées mais toujours en petites quantités (maïs, manioc, tomates, etc.). L’eau, le soleil et l’ombre n’étant pas des ressources rares ici, il est possible de tout faire pousser. Les cultures ne sont cependant pas l’utilisation principale des sols : de nombreux « pépiniéristes » pratiquent en effet les cultures des diverses plantes (manguiers par bouturage, etc.) afin de les revendre sur le bord du chemin.

Bande du « rwa » lion

Bande du « rwa » lion

Grâce à mon « guide », je découvre ce quartier mitoyen de mon hôtel de luxe, pénétrant des endroits que je n’aurai pas jugés accessibles. L’intuition de venir en ces lieux était bonne du point de vue photographique. La lumière déclinante est belle, les sujets ne manquent pas. Si je n’ai aucun problème à m’aventurer sur les berges afin d’obtenir des images de pêcheurs sur le fleuve, je ne parviens pas à tirer de portrait « à la sauvette ».Même si les occasions de réaliser de belles images se présentent en masse, je ne me sens pas le courage de « voler » ces images. Je ne sais pas si Steve McCurry et consorts prennent le temps de faire connaissance avec ceux qu’ils rencontrent ou si ils ne s’embarrassent pas de ces considérations, mais j’aimerais bien savoir.

A proximité, mais pas trop près

A proximité, mais pas trop près

Bon, il faut bien modérer mon propos par le fait que les enfants, lorsqu’ils sont en bande, sont toujours demandeurs d’avoir leur portrait tiré. Bien qu’à quelques milliers de kilomètres des rives du lac Issyk-Kul (Kirghizstan), je revis la même scène avec une bande du quartier. Je réalise quelques images en pleine rue avec des enfants qui se précipitent dès l’image est prise afin de voir le résultat sur l’écran de l’appareil. Chose curieuse, celui des enfants qui porte une veste est ici aussi celui qui est exclu du groupe et qui cherche à venir sans pouvoir trop s’approcher. Le port du costume serait-il en fait un signe international de marginalisation ?

Au-delà de l’intérêt photographique de cette sortie, je ne peux qu’être interpelé par le contraste de ma présence en ce milieu défavorisé mais pourtant pas hostile. Même si a priori je suis une cible facile, je suis plutôt bien toléré : on me regarde, mais on discute avec moi, surtout pour essayer de m’inviter à faire un tour en pirogue sur le fleuve (moyennant finances, bien évidemment). Si les Nigériens sont plutôt pacifiques et accueillent volontiers les étrangers, tous les européens n’ont pas eu droit au même traitement : un d’entre eux fut dépouillé le soir même dans un autre quartier, mais ce genre d’incident reste rare dans ce pays.

Un européen ne pourra pas s’empêcher de noter le contraste violent qui oppose ces rues à celles de nos grandes villes. Si nos existences mettent en avant l’opulence et le bien être matériel, les contacts entre individus se résument à bien peu de choses. Votre voisin à Paris est bien plus facilement identifié comme une menace que comme une personne avec qui vous iriez volontiers discuter au bar du coin. Ces rues de Niamey m’offrent le spectacle opposé : les gens semblent pauvres matériellement parlant, mais ca grouille de vie. Là où il y a absence de richesse matérielle, il y a richesse sociale. Je n’apporte rien de nouveau à ces discussions, mais l’ayant vécu moi-même, je ne peux que me demander si de 1850 à nos jours, nous n’avons pas perdu quelque chose de fondamental avec l’avènement de la société de consommation… Après tout la richesse n’est finalement qu’une histoire de référentiel, lesquels d’eux ou de nous sont-ils les plus riches ? Lesquels ont-ils besoin de copier l’autre ?

 

Ces petits détails qui vous font regretter la vie de couple

11 juil

Enfin… Je suis allé chercher ma table qui m’attendait depuis 2 semaines au dépôt (après 6 semaines de délai avant disponibilité).

Rapidement, le poids s’est fait sentir pour ramener les deux cartons de la voiture jusqu’à mon appartement. Encore une fois j’ai cédé à l’appel du tek brut, et bien que ce soit une petite table bar pour 4 personnes (désolé les amis, mais les diners en groupe chez moi sont maintenant d’une autre époque), mes bras s’en rappellent.

Après quelques minutes de montage, la voici qui trône, les quatre fers en l’air, dans mon salon. Le moment arrive de la mettre en place… Ô rage, ô désespoir… Après quinze minutes à retourner le problème dans tous les sens, je ne parviens pas à la retourner seul. Trop lourde et trop haute, le risque de la voir me glisser des mains en la basculant est trop important. J’attendrai donc ce soir pour trouver l’aide requise. Comme quoi, c’est parfois important de vivre en couple !

Et maintenant, la dernière tâche… Trouver 4 chaises adaptées… Car une table bar, c’est sympa, mais on a l’air particulièrement ridicule dans une chaise de table normale avec les yeux qui arrivent à peine à hauteur de table. Alors, à ceux qui viendront diner chez moi, un peu de patience encore, ou alors, on mange debout !

 
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Home, sweet home

07 juil

Me voici de retour en France après deux semaines passées à Niamey. La DST a bien voulu me rendre mon passeport le samedi après-midi précédent mon départ.

Bilan de ce court séjour :

  • 2 plaquettes de Malarone® et a posteriori aucun signe de palud même si les traces de boutons de moustique sont multiples.
    Le plus malchanceux d’entre nous a contracté de manière quasi simultanée : le palud, la fièvre typhoïde, la fièvre méditerranéenne. Bien entendu, il a fini hospitalisé et n’était pas mécontent d’être rapatrié.
  • Une plaquette complète de Tiorphan®. C’est le prix à payer pour boire au robinet, prendre des glaçons, manger des légumes sans se poser trop de questions. Attention cependant à ceux qui veulent s’aventurer dans ces régions : il convient de s’assurer d’avoir du papier toilette en permanence avec soir et également de vérifier qu’il n’y a pas de coupure d’eau avant de s’aventurer dans le petit coin tranquille. Habitués que nous sommes à notre petit confort d’européens, certaines situations peuvent nous laisser dans de grands moments de solitude. Il suffisait de voir les plus verts d’entre nous devenir encore plus verts lorsque quelqu’un annonçait que l’eau était de nouveau coupée.
  • Aucune photo ou presque. Mon matériel photo que j’avais emporté n’a pas été sorti une seule fois. Et pourtant Niamey semble magnifique. Le survol en avion montre une région rouge parsemée d’arbres. Comme il est très probable que j’y retourne, je m’arrangerai pour disposer de mon propre véhicule (4×4) pour pouvoir m’extirper de la capitale.
  • Je reviens avec quelques dizaines de milliers de Francs CFA. Encore un ou deux passages et j’en aurai assez pour pouvoir jouer au Monopoly avec de vrais billets.
  • Si vous devez vous déplacer à Niamey, évitez de marcher trop près de la route. Les automobilistes sont extrêmement confiants de leur capacité à éviter les piétons, vélos, motos. Si confiants d’ailleurs que peu de voitures n’ont pas leurs portes droites éraflées. Les accidents se règlent réellement à l’amiable : une moto percute une voiture, les deux sont plus ou moins en tort, le motard se relève, les deux se serrent la main et chacun reprend son chemin. Des situations inimaginables pour les conducteurs parisiens habitués à se battre derrière leur volant.
  • Où est donc passée ma chance ? J’avais remarqué deux objets : un tableau et des statuettes faites de morceaux de métal récupérés et soudés entre eux. Le tableau est parti en exposition à Saint Brieuc pour ne revenir (si jamais il revient) que début septembre. Le vendeur de statuettes a quant à lui décidé de déserter son carrefour la seconde semaine. Moralité : à avoir attendu la seconde semaine, je suis reparti bredouille sans les petits objets d’ameublement qui m’avaient plu.
  • Je connais maintenant tous les grands axes goudronnés de Niamey, il me reste à apprendre les centaines de rue de terre, mais avec quelques séjours supplémentaire, je pourrai envisager ma reconversion en taxi. En parlant de taxi, nous les avions surnommés les petits suisses : il s’agissaient de petites voitures japonaises blanches des années 80 et qui disposaient encore, pour nombre d’entre elles, de l’autocollant « CH » à l’arrière. Les jours de pluie, n’oubliez pas de soulever les pieds… Les trous dans les planchers sont légion, et l’eau monte facilement de plus de 30cm dans la ville.

Encore quelques semaines de répit, et je serai de retour au Niger.

 
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Hôtel, Neuilly, Passi

04 juil

Le déjeuner d’aujourd’hui était un peu particulier. Nous sommes allés comme bien souvent nous repaitre au buffet du Grand Hôtel.

Aujourd’hui, outre le fait que le buffet n’était pas extraordinaire (nous avons été habitué à mieux), nous avions à proximité immédiate un groupe assez bruyant. Orange Niger organise ce samedi 5 juillet un concert géant avec des artistes français. Il semblerait que ces derniers soient relativement, connus, personnellement, je ne connais que Passi dans la liste. Bref, tout ce petit monde était à la table voisine… Certains paieraient cher pour avoir mangé à proximité, je me serai personnellement contenté d’un déjeuner plus calme.

 
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