167 + 1 à Kouré

On m’en avait parlé, j’avais essayé de m’y rendre sans succès durant mon premier séjour au Niger.

Où donc ? (le premier qui répond « au Parc Astérix » sort)

Et bien dans la réserve de Kouré afin de voir évoluer en liberté les dernière girafes blanches d’Afrique.

Blanches elles ne le sont pas, mais leurs motifs sont beaucoup plus clairs que ceux des girafes plus traditionnelles que l’on croise dans les zoos du monde entier.

Il y a 15 ans, avant qu’elles ne soient protégées, elles n’étaient plus qu’une grosse soixantaine. Sachant qu’une girafe se nourrit d’une trentaine de kilos de végétaux par jour (surtout de l’acacia), on comprendra aisément qu’elles n’aient pas que des amis parmi les paysans. Ces derniers les chassaient donc et en consommaient la viande.

Aujourd’hui ces girafes sont protégées, et des fonds sont alloués aux plantations d’acacia et également aux dédommagements des cultures des paysans afin d’éviter le braconnage de ces animaux. La formule semble fonctionner puisque maintenant on dénombre 167 individus répartis en quelques troupeaux qui voyagent du Niger au Burkina Fasso.

La girafe est un animal docile qui se laisse approcher jusqu’à une vingtaine de mètres avant de songer à s’éloigner un peu. Elle considèrent toujours l’homme comme un prédateur potentiel, et malgré leur avantage de taille (un peu moins de 5m pour 800 kg pour les femelles et jusqu’à 6m50 pour 1200 kg pour les mâles), elles préfèrent jouer la carte du retrait plutôt que celle de la confrontation.

Nous aurions souhaité partir à leur rencontre avec Badi, notre chauffeur presque habituel et son Berlingo, mais nous avons été pris de vitesse par d’autres qui ont eu la même idée… Après quelques recherches, nous avons trouvé un autre chauffeur, et, coup de chance, c’est en 4×4 pickup Mitsubishi que nous partons. Ce 4×4 nous sera utile puisque nous allons à l’aide de notre guide, Sidou, parcourir la brousse hors des sentiers battus pour partir à la rencontre de ces créatures qui me ramènent à ma juste taille !

Arrivés dans la réserve, il ne nous faut que quelques minutes de piste pour découvrir un premier groupe de girafes. La rencontre dure quelques minutes, mais n’est pas celle qui me laissera un souvenir impérissable.

Nous reprenons la piste (et non, pas la route), et nous partons dans un autre endroit chercher un autre troupeau. Le 4×4 nous permet de nous aventurer plus loin des pistes et nous amène jusqu’à une bordure de bute d’où nous pouvons admirer la brousse sur quelques kilomètres et surtout identifier la présence des girafes. De notre point de vue, nous identifions un autre troupeau à un petit kilomètre et partons à sa rencontre à pied. Aujourd’hui, le temps est couvert et si il ne fait pas 40° à l’ombre, il fait à l’aise entre 30° et 35°, ce qui est largement suffisant pour notre petite vadrouille.

Nous nous dirigeons d’abord vers 2 girafes qui sont un peu à l’écart du reste du troupeau. Sidou, notre guide, nous présente Sidou, un grand mâle d’une vingtaine d’années qui porte son nom. Sidou est aisément identifiable par une corne cassée. Cette corne Sidou l’a perdu dans un combat, mais reste depuis un mâle dominant.

Sidou & sa compagne
Sidou & sa compagne

Si Sidou est à l’écart avec une femelle, c’est pour une raison bien particulière. Moi même qui ne suis pas spécialiste de cet animal m’en rends bien vite compte. Nous pouvons nous approcher mais je reste attentif, prêt à presser le déclencheur. Soudainement Sidou assaillit sa demoiselle qui bondit aussitôt. J’étais prêt et j’empoche trois images de cette action qui n’a pas duré deux secondes. Je me retourne vers Sidou, notre guide et je lui dit « Raté… » pensant que la femelle n’avait pas été consentante. Sidou m’annonce avec fierté : « Non, réussi… ». Naturellement, comme la gestation dure 15 mois, je ne serai pas là pour vérifier si il avait raison… J’appréciais particulièrement les émissions animalières étant plus jeune, mais je n’ai le souvenir d’aucune d’elle qui détaille l’accouplement et surtout ce qui suit. La girafe a en effet des habitudes scatophiles. Si j’ai eu l’occasion d’assister au « spectacle », j’ai eu la décense pour ces dernières de ne pas immortaliser l’acte…

On me regarde ?
On me regarde ?

Après ce petit quart d’heure éducatif, nous partons à la rencontre du reste du troupeau. Nous découvrons deux girafons qui font la sieste sous un arbre, protégés par leurs congénaires.

Les girafons sont curieux mais pas trop. Alors que nous continuons notre approche, ces derniers décident d’aller voir ailleurs si nous y sommes. C’est pas si facile de se relever lorsqu’on a de grandes pattes, un long cou et que l’on est sous un arbre…

Il est temps de rentrer, surtout que j’avais pensé à prendre mon sac photo au complet… mais pas de bouteille d’eau… Une chose est sûre, ce coca pris à l’hotel en rentrant, je l’ai savouré !

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