Trois semaines en terre kirghize

Vladimir Ilitch Oulianov
Vladimir Ilitch Oulianov

Voici un rapide compte rendu de presque trois semaines passées au Kirghizistan (Кыргызстан). Deux français et un kirghize partis à la rencontre des paysages, des habitants afin de rapporter des images permettant de constituer un témoignage de la culture kirghize.

Un itinéraire avait été prévu avant le départ. Cependant, quelques impondérables nous ont amenés à le modifier, ou à l’adapter après avoir discuté avec d’autres voyageurs qui nous ont parlé de lieux moins touristiques, mais visiblement intéressants. Au final, notre voyage s’est déroulé comme suit…

3 semaines de voyage

Arrivée

Au départ de Charles de Gaulle, le panneau à l’embarquement pour le vol vers Moscou indique : « +2h, +10° »… Je suis dubitatif… Deux heures de décalage horaire, c’est normal, par contre, les températures sont normalement indiquées en absolu, pas en relatif… Je ne veux pas croire qu’il fasse 10° à Moscou en plein été… Je parie plutôt sur 35° (climat continental oblige) – soit les 25° parisiens plus 10°. Pari perdu puisqu’il pleut et qu’il fait bien 10° en descendant de l’avion.

J’arrive à Bishkek (Бищкек) à 6h du matin. Je ne reste pas trop longtemps aux formalités douanières, je sais ce qu’il y a à faire et je connais mon numéro de passeport par cœur ! Surprise, un taxi m’attend pour m’emmener en ville. Je dors une partie de la matinée pour prendre un peu de repos et également pour « dégriser » : mon voisin dans l’avion était un russe qui avait apporté une bouteille de whisky qu’il a voulu vider avec ses voisins. Si j’avais réussi à échapper à la première tournée, il a bien fallu y passer ensuite. J’étais arrivé passablement éméché au contrôle des passeports, mais les douaniers sont habitués…

En fin d’après midi, nous commençons à préparer la voiture, une Golf de vingt cinq ans d’âge qui a déjà démontré de solides aptitudes (et blessures) au 4×4. Elle a droit à deux pneus presque neufs, un nouveau phare. Le remplacement d’un bas de caisse pourri par la rouille et des balais d’essuie-glace sera pour plus tard.

Direction Karakol

Cathédrale orthodoxe
Cathédrale orthodoxe

Départ aux aurores le lendemain matin. Direction Karakol à l’est du pays, avec quelques arrêts prévus en route pour rencontrer quelques prestataires de notre hôte, afin de préparer l’arrivée d’autres groupes de touristes qui nous suivront. Ce fut pour nous l’occasion de gouter au koumys (pas d’orthographe officielle), du lait de jument fermenté, puis, en cours d’après midi, de partager le repas d’une famille qui venait d’avoir un nouvel enfant. Il faut avouer qu’il était environ 4h, et que j’avais plus envie d’une glace à la fraise que de m’attabler pour un bech barmak (cinq doigts, plat de viande – souvent à base de mouton, et de pates que l’on mange avec les doigts comme son nom l’indique), du bouillon et finalement deux tournées de vodka – et en tant que doyen de notre groupe, c’est à moi que revient le privilège de porter le second toast ! Après tant d’arrêts (et une crevaison) nous mettrons près de 18 heures pour faire le voyage, que les minibus effectuent en environ 4 heures en roulant d’un rythme kirghize normal donc soutenu.

Premier trek en montagne

Altyn Arachane
Altyn Arachane

Karakol, une journée sur place, quelques photos en ville, avant de partir le lendemain matin pour 3 jours de randonnée afin d’aller contempler le lac et le col d’Ala-kol.

Ensuite, la randonnée à proprement parler. Trois jours en pleine nature, avec tentes, matelas, sacs de couchage et matériel photo sur le dos. Heureusement, toute la nourriture était portée par nos deux guides/porteurs.

La première journée se passe à peu près normalement. Je perds juste un bouchon d’objectif au moment de ranger tout mon matériel à proximité d’un torrent. Ensuite, c’est l’embout de la poche Kamelback qui disparait en déposant mes sacs (oui, j’en avais 2 sur moi). Dernier point et non des moindres : j’avais estimé à tort que le Kirghizistan en juillet serait chaud voire très chaud et sec. Mal m’en a pris. Première averse, sans cape de pluie. Heureusement l’un d’entre nous dispose d’un genre de K-Way qu’il me prête. Qu’il soit béni.

Seconde journée, départ du camp à 2900m et ascension vers le lac puis le col. Très rapidement la pluie se met de la partie. Arrivé à 3000m, je suis trempé, surtout le pantalon, les pieds, et le K-Way commence à donner des signes de fatigue. 3200m, la pluie est remplacée par la neige. Il va tomber environ 4cm dans la journée.3500m, nous arrivons au lac, qui est toujours bien gelé, mais la météo me rappelle bien plus un jour de février dans les Alpes avec une visibilité bien limitée. Ensuite, l’ascension vers le col en logeant le lac. Je suis toujours trempé, j’ai froid, et en plus je fatigue. Pendant quelques instants, la lumière nous offre une éclaircie propice à prendre des photos, mais aucun d’entre nous n’a le courage de déposer le matériel, de sortir les appareils. Nous continuons péniblement l’ascension (enfin, péniblement, pas pour tout le monde). 3860m, arrivée au col, sous la neige et la grêle. Nous devons monter encore un peu pour trouver un chemin pour descendre en cordée de l’autre coté. La face nord présente en effet quelques névés et une bonne couche de neige partout ailleurs (plus profond que mes jambes, j’en aurai plusieurs fois la démonstration).

Kirghize et son faucon
Kirghize et son faucon

La descente ne sera pas beaucoup mieux, tout d’abord une glissade dans la boue, un gros orage et pour finir, sentir ma bonne vieille tendinite du genou se réveiller. Tout pour transformer cette descente en calvaire : j’arrive en boitant à Altyn Arachane.

Cette ascension du col a eu lieu le 10 juillet, jour de mon anniversaire. Je ne suis pas prêt de l’oublier celui-là. Normalement, je passe cette journée sous le soleil, pas sous la neige !

Le dernier jour sera fait à vitesse réduite. Si la première partie du retour était sur un terrain propice à ne pas réveiller la blessure qui avait su profiter de la nuit pour se remettre, quelques descentes abruptes ont su la sortir de sa léthargie et me transformer en grand-père en manque de déambulateur.

Avant de retourner à la capitale, nous faisons un détour par la vallée des fleurs. En chemin quelques photos du « Cœur fendu », mais également d’une famille ayant installée sa yourte dans un cadre intéressant qui me fait me déplacer pour la photo. À trop s’approcher, on se fait inviter et la petite famille en plus de poser amène le faucon qu’elle utilise pour la chasse et ce dernier, moins enclin à être photographier, m’offrira quelques surprises en voulant retourner sur son perchoir.

Retour intermédiaire vers Bishkek

Plage le long du lac Issyk Kul
Plage le long du lac Issyk Kul

Nous reprenons la route pour Bishkek en prenant le temps de faire un arrêt le long du lac Issyk Kul. Les plus courageux d’entre nous se sont baignés, à mon habitude, je n’y ai mis que les pieds !

Puis, nous passons une journée à Bishkek. Elle est mise à profit pour l’un à rendre visite à un dentiste, à visiter la ville appareil photo au point pour le second. Heureusement, j’étais le chanceux à arpenter le centre-ville ! Puis départ en fin d’après-midi pour Toktogoul avec arrivée le soir même.

Première randonnée équestre

Ce fut un réveil aux aurores pour la première randonnée équestre. À cheval à 6h du matin. Le chemin suivi est un classique, d’autres cavaliers le suivent, mais à un rythme plus tranquille : à 9h du matin nous petit-déjeunons là où les touristes dressent le camp pour leur première nuit. Ensuite, un petit col à plus de 3500m, mais c’est surtout pour les chevaux que c’est plus difficile. A la descente, j’apprends tant bien que mal à galoper sac à dos bien chargé sur le dos, sur un petit chemin boueux avec des pierres. Moralité, sur un « rebond » un peu violent sur ma selle russe (non, pas une selle kirghize bien rembourrée), je m’explose le coccyx sur l’arceau métallique qui permet de soutenir et tendre le cuir. Je garderai un souvenir douloureux de cet évènement pendant les 10 jours à venir, et ce, à chaque fois qu’il faudra s’assoir.

Le soir même, nuit sous tente à 3500m, légèrement en pente, quelque peu sous la pluie (on commence à s’habituer). Le repas… Chèvre et mouton, fraichement égorgés sous nos yeux. Étant moi-même amateur de viande, il faut bien accepter la réalité que le passage de vie à trépas est nécessaire pour produire un steak.

Nouvelle journée, petit déjeuner constitué principalement de viande (dont du foie de chèvre) avant de préparer les chevaux pour une nouvelle grosse journée.

Commence donc l’ascension du col, journée qui sera mon second calvaire, mais, au moment de monter à cheval, je ne m’en doute pas encore. Comme chaque jour, le soleil est présent au rendez-vous au petit matin, mais nous ne prenons plus ce signe pour argent comptant. Nous commençons l’ascension, mon cheval (pas celui de la journée précédente) n’a pas trop travaillé ces derniers mois et peine durant l’ascension. Il faut dire que compte tenu de mon poids et de mon sac à dos, il n’a pas tiré le bon numéro. Nous arrivons au col un peu à la traine, après avoir effectué quelques détours pour contourner la neige. Nous étions parti au matin sans savoir si le col était praticable, cette année, le retour des beaux jours au quelques semaines de retard et personne jusqu’ici n’avait passé le col. Arrivé en haut, nous contemplons la face nord que nous allons devoir descendre et une évidence s’impose il n’y a aucun endroit où la neige n’est pas présente. Le chemin classique n’est pas visible et pourra s’avérer dangereux. Le plus expérimenté du lot décide de tenter l’aventure en passant par le lit du torrent. Il prend son cheval en longe et commence la descente, après quelques centaines de mètres nous fait signe d’y aller. L’aventure va commencer !

À cheval et dans la neige
À cheval et dans la neige

Je commence d’abord à comprendre le peu d’entrain qu’avait mon cheval à traverser les plaques de neige… Il ne connait pas ce « truc blanc tout mou » et donc se montre méfiant. Au moins dans la descente, il n’a plus aucune tentation de rejoindre la terre ferme : il n’y en a pas ! Cependant, il freine des quatre fers (enfin deux, il n’est pas ferré des postérieurs) dans la partie la plus abrupte. Alors, pour le forcer à descendre, je n’ai d’autre solution que de tirer de tout mon poids vers le bas. Lui est quasiment assis, mais est obligé de céder petit à petit du terrain en glissant. Heureusement pour moi, l’harnachement ne cèdera pas !

Portrait d'enfant
Portrait d’enfant

Tant bien que mal nous passons la zone la plus en pente. Compte tenu du manque de motivation de mon cheval pour marcher dans la neige, je l’échange momentanément contre deux autres afin de rattraper les autres qui ont pris de l’avance. Le guide nous conseille de suivre plus longtemps le lit du torrent, ce que nous faisons. La neige commence à se faire plus molle et ce qui doit arriver arrive… Le second cheval que je traine (qui est chargé avec la viande de mouton et le reste des victuailles) s’enfonce complètement : seul un de ses membres n’a pas traversé le manteau neigeux pour attendre le torrent. Nous le déchargeons délicatement pour lui permettre de s’extraire. Ensuite, pour éviter de remettre cela, nous continuons la descente mais cette fois, en courant !

La zone neigeuse passée, nous remontons à cheval et mes cuisses et mon coccyx me rappellent qu’ils auraient préféré que je continue à pied… Après une petite heure de descente, le ciel tourne au noir et le tonnerre se fait de plus en plus proche… Ca ne va pas tarder à tomber et là, je n’ai rien pour me protéger… La pluie s’est bien mêlée à la partie, mais elle n’est pas venue seule : une bonne pluie de grêlons gros comme des œufs de pigeons s’abat sur nous. Compte tenu de la taille de sa tête, c’est mon cheval qui est atteint le premier. A sa réaction, je vois bien qu’il est gêné. Je n’en mesure la portée que quelques instants plus tard en sentant le premier s’écraser sur mon chef. Effectivement, c’est assez douloureux. Comme un malheur ne vient jamais seul, il n’y pas le moindre arbre pour s’abriter. Je mets une main sur mon crane pour le soulager et nous continuons notre chemin. Après une demi heure de ce traitement, je suis trempé (ma veste n’est pas étanche), j’ai froid, j’ai mal aux cuisses et aux fesses, bref, je veux que ca cesse… Un peu de soleil sur la fin me permettra de me réchauffer.

Heureusement, la journée suivante est consacrée au repos, avec seulement une partie de oulak tartiche en fin d’après midi pour se distraire et faire le plein d’images en allant se mettre au milieu du terrain. Il faut préciser que pour les parties « amateur », les limites du terrain sont extrêmement élastiques, alors, où qu’on soit, on est toujours sur le terrain.

Folles chevauchées à Son Kol

Chevaux sous le ciel noir
Chevaux sous le ciel noir

Notre destination suivante est le lac Son Kol. Au lieu de faire un long détour par les routes traditionnelles, nous coupons à travers la montagne en prenant des pistes. Le chemin est sensiblement plus court. Nous traversons en chemin les mines de charbon à ciel ouvert dont nous découvrons certains vestiges, dont une excavatrice oubliée au milieu d’une grande marre. Un sujet graphique que nous nous empressons de photographier.

La piste que nous suivons est probablement une des plus belles manières de découvrir le lac : nous ne croisons aucune voiture ou camion, nous rencontrons quelques bergers et ne croiserons qu’une seule touriste car ces derniers s’entassent à l’autre extrémité du lac compte tenu de la route qu’ils empruntent.

Nous passons toute une journée au bord du lac. Je profite de la fin de la matinée pour aller déambuler à pied entre les yourtes, les deux autres partent en voiture en haut d’un autre col pour capter un réseau GSM. Je parcours les grandes étendues d’herbe rases, en étant surpris de trouver partout de grosses quantités de fleurs blanches qui me font penser à des edelweiss. Personnellement, n’en ayant jamais vu et croyant que les edelweiss étaient des fleurs rares qu’on ne trouvait que dans des endroits difficiles d’accès, je pensais qu’il s’agissait d’une autre espèce. Renseignements pris ensuite, il s’agissait bien d’edelweiss…

L’après-midi est de nouveau l’occasion de monter à cheval. Il faut dire que l’endroit s’y prête bien, il y a des étendues vertes sur des kilomètres. Ma monture est motivée : il m’est difficile de refreiner son entrain lorsqu’il est dépassé par un de ses congénères. C’est donc l’occasion de galoper dans les champs d’edelweiss, une opportunité finalement assez rare ! J’en profite pour mesurer les progrès réalisés en deux ans d’équitation : l’ors d’un galop lancé par Kaky pour voir lequel de nous deux avait le cheval le plus rapide, ma monture a choisi d’enfoncer un antérieur dans un terrier de marmotte. La chute n’était plus très loin pour cheval et cavalier, mais je suis resté en selle. Petite précision, j’avais fait l’économie d’apporter ma bombe (casque).

Excavatrice abandonnée
Excavatrice abandonnée

La fin de la randonnée continue sur un rythme soutenu, trop soutenu pour mes capacités à galoper à flanc de montagne sur des chemins présentant peu de visibilité et de nombreuses petites montés/descentes. Par (mauvais) réflexe de sécurité, je mets une main sur le pommeau pour ne pas basculer en avant. Quelques minutes plus tard, je découvre ma première blessure : une très grosse cloque s’est formée dans ma paume. Arrivé à destination, je constate en plus que sous mes chaps, là où se trouve la fermeture éclair inférieur de mon pantalon de randonnée, une belle marque s’est formée sur mon mollet. Ces deux blessures seront mal nettoyées et vont rapidement s’infecter, ce qui va encore diminuer mon niveau de confort à cheval !

Nous passons la nuit en yourte. Les lits sont « garnis », donc je ne prends pas mon sac de couchage… Mauvaise idée supplémentaire : la couverture de feutre n’est pas assez longue pour moi. Je dois passer la nuit recroquevillé pour ne pas trop subir le froid (nous sommes à 3500m).

Au petit matin, nous rechargeons la voiture et décidons de continuer sur notre lancée des chemins de piste pour nous rendre à notre prochaine destination.

Caravansérail de Tash-Rabat

 

Caravansérail de Tash-Rabat
Caravansérail de Tash-Rabat

Désormais la météo est de notre coté. Et c’est une chance. Notre route nécessite de passer des cols et également de traverser des lits de rivière. S’il avait plu, nous aurions été coincés ou alors nous aurions perdu la voiture en les traversant.

En route nous prenons une grand-mère et son petit fils qui faisaient du stop. Cependant nous étions trop chargés pour passer les lits de rivière sans toucher. En conséquence, nous devions descendre avant, traverser et remonter. À l’un d’entre eux, Kaky continue d’avancer pendant quelques centaines de mètres. Notre grand-mère a bien du mal à faire la distance et me demande ma main pour se faire aider. Enfin, demander est un bien grand mot, je n’ai pas eu le temps de répondre à la question que de toute façon je n’avais pas compris. Bref, j’avance à vitesse très réduite tant ma compagne de voyage semble peiner. Nous nous arrêtons souvent et elle serre bien ma main, celle qui a la plaie… Nous retrouvons la voiture et elle fait bien comprendre son « agacement ». Nous aurions fait 500m de plus et elle nous faisait un arrêt cardiaque !

Nous arrivons donc à Tash-Rabat, haut lieu du tourisme kirghize avec son caravansérail. Nous nous établissons dans un refuge constitué de yourtes. Je passe l’après midi à arpenter la vallée, à photographier le caravansérail. Ce dernier je l’avais vu dans le numéro spécial pour fêter les 30 ans de Géo. Je voyais bien d’où avait prise la photographie publiée, mais il était impossible de la reproduire : des minibus de touriste étaient dans le champ de vision, et les yourtes que j’utilisais pour habiller le premier plan (et masquer les minibus) n’était plus dans une configuration qui permettait d’en mettre plusieurs sur le cliché. J’y retourne le soir même avec Kaky car il connait la personne qui en a les clefs et nous pouvons donc entrer dans le caravansérail sans guide officiel. Il se trouve que c’était une bonne heure pour cette visite car le soleil entre dans une des petites fenêtres de la coupole et vient traverser la grande pièce en un beau rayon lumineux. Voyant cela, je fais un aller retour à toute vitesse vers la voiture pour rapporter mon trépied.

Paysage montagnard
Paysage montagnard

Le lendemain matin, nous partons une nouvelle fois à cheval pour gravir le col. Nous repassons devant le caravansérail qui est cette fois dénudé de tout minibus. Nous ne profitons pour reprendre quelques clichés. Nous reprenons notre ascension du col qui se trouve à environ 4000m. Je n’avais pas écouté les discussions concernant la préparation de cette sortie, je ne savais pas ce que nous allions voir. Ce fut donc une belle surprise que d’arriver en haut et de découvrir le lac de Chatyr Kel et derrière, la chaine de montagne qui marque la frontière avec la Chine.

La deuxième bonne surprise est à la descente : je découvre que mon cheval est particulièrement bien dressé et confortable. Arrivé en bas dans la vallée, c’est cette fois un réel plaisir de le lancer au galop, de traverser des rivières, le tout sans gêne particulière liée à mon sac à dos.

Une petite dernière

Lac montagnard
Lac montagnard

De Tash-Rabat, nous partons pour Kochkor via Naryn pour y passer la nuit. En fait nous allons suivre l’indication de Damien, un français que nous avons rencontré sur le chemin d’Ala-kol et qui nous avait parlé d’un beau lac d’altitude à Kochkor. Kaky ne le connaissait pas et c’était là aussi l’occasion de faire d’une pierre deux coups.

Arrivés à Kochkor, nous prenons de nouveau un guide et des chevaux pour partir dans la montagne. Une bonne demi-journée d’ascension avant d’arriver au lac Köl Ükök (3000m). Nous passons la nuit en yourte. Au petit matin, nous reprenons les chevaux pour continuer l’ascension vers un plus petit lac situé à 3500m. Nous devrons abandonner les chevaux à mi chemin. Une heure plus tard, nous découvrons un petit lac d’altitude bien sympathique encore partiellement entouré de neige.

La descente ne va pas très bien se passer. En traversant un pierrier, alors que j’essayais de limiter les efforts sur les genoux, une pierre bascule et je me retiens d’une main en heurtant une pierre. Seulement voilà, comme il s’agissait de la main déjà blessée, j’ai eu le malheureux réflexe de ne mettre que les doigts pour me retenir. Ces derniers n’ont pas tenus et se sont retournés. Je n’ai pas donc pu me retenir de finir avec les côtes contre une pierre voisine… De ce malheureux accident, je repars avec une entorse à deux doigts et une côte fêlée/cassée… Je commence à être en piteux état !

Le retour à Kochkor sera un nouveau cauchemar tellement mon cheval est peu confortable. Arrivé à destination je dois marcher en bloquant les genoux tellement ces derniers ont été maltraités à cheval. Heureusement, je n’aurai pas à remonter à cheval.

Le retour…

Vestige communiste
Vestige communiste

De Kochkor, ne repartons vers Bishkek en faisant un arrêt le long du lac Issyk Kul. C’est l’occasion d’aller rencontrer des fabriquant de yourte et de déjeuner au bord du lac. Une fois de plus, je n’aurais mis que mes jambes dans l’eau ! Mais en restant au bord, j’ai pu contempler les responsables d’un bureau de vote venir avec l’urne pour faire voter les gens qui étaient à la plage… Pas pris de photo, ca pouvait être une très mauvaise idée, mais je ne suis pas du tout surpris qu’on a parlé ensuite de bourrage d’urne… C’était l’élection présidentielle, le président sortant a été réélu avec 76% des suffrages (bon au moins, il n’a pas trop bourré les urnes)…

Relève de la garde
Relève de la garde

Une dernière journée passée à la capitale. Nous déambulons un peu partout et finissons la journée à refaire un tour dans le célèbre Osh Bazar. La lumière est cependant moins intéressante qu’au mois d’octobre, les photos sont moins intéressantes.

Je repars le lendemain matin. Levé à 4h du matin, un taxi m’attendait. L’avion décolle avec du retard de Bishkek et arrive juste à temps à Moscou pour que je puisse prendre ma correspondance. À cette occasion, je découvre une sonorité me rappelant mon nom dans les annonces en russes faites dans l’aéroport. L’annonce suivante, en anglais me fera bien comprendre que c’est moi qu’on attend pour clôturer l’embarquement du vol vers Paris. J’arriverai à atteindre la porte d’embarquement dans les temps. Mes bagages, elles, resteront faire un peu de tourisme à Moscou !

Retour à Paris, retour à la réalité, retour dans une vie où tout est parfois si compliqué que le contraste avec ces trois semaines passées est saisissant.

Les blessures

Chaque sortie en randonnée est l’occasion de ramener quelques petits « bobos ». Cette fois-ci le florilège est suffisamment varié pour mériter d’être cité :

  • Ampoules, enfin une seule à un talon.
  • Ongles des doigts de pied injectés de sang. Certes cela m’arrive assez souvent après des longues sorties à cheval.
  • Brulure (cloque) avec infection pour avoir monté à cheval avec un pantalon de randonnée (modèle modulaire avec des fermetures éclairs pour permettre d’en retirer des portions).
  • Tendinite du genou gauche bien réveillée.
  • Coccyx amoché suite à un rebond mal géré.
  • Cloque dans la paume de la main avec infection.
  • Épilation forcée des cuisses pour cause de cheval avec pantalon non adapté.
  • Élongation des tendons de deux doigts de la main droite.
  • Une cote fêlée/cassée.

Bref, avec un tel score, il serait temps de me demander si j’ai encore assez de jeunesse pour m’aventurer hors des trottoirs parisiens.

Et la photographie dans tout ca ?

L'enfant et la fontaine
L’enfant et la fontaine

L’objectif premier du voyage était d’engranger des clichés en vue de produire un livre sur le pays. Naturellement, tout ne peut pas être fait en une fois, mais il faut bien un début à tout.

Du point de vue photographique, le voyage fut intéressant. Il fut en partie pour moi l’occasion de réfléchir un peu plus aux sujets qui m’intéressent dans la photographie, au style d’image que je recherche, à mes sujets de prédilection. Je découvre que je me détache peu à peu de la photo de paysage, du moins je ne parviens pas à retranscrire au travers de l’image certaines sensations ressenties. Plus le temps passait et plus je me contentais d’admirer ce que dame nature mettait sous mes yeux, mais sans nécessairement photographier.

Si donc les précédentes années ont été consacrées en grande partie à de la photographie sportive, les scènes de vie prennent peu à peu le dessus. Une mutation à creuser…

Suite…

Photographies du Kirghizistan

La corvée d'eau
La corvée d’eau

Ce voyage fut une première étape dans le projet de Kaky. Outre le travail à réaliser sur la moisson d’images rapportées, il faut maintenant commencer la réflexion sur la ligne éditoriale, cibler mieux les images que l’on souhaite montrer et enfin y retourner pour voir d’autres régions et rapporter d’autres images plus ciblées ! La suite en 2010 ?

Randonnée…

Parmi mes projets en stock, il y a le Népal… La randonnée d’Ala-kol n’est finalement pas une bonne nouvelle. 20 jours dans randonnées dans le Népal seront probablement plus éprouvant pour l’organisme et donc pour mes genoux. Si je maintiens ce projet, il va falloir que je l’adapte et que je trouve une formule ou je peux éventuellement ralentir pour les épargner. Ceci dit, un passage à la clinique du sport pour en connaitre l’état va s’imposer…

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