RSS
 

Posts Tagged ‘Photographie’

De retour des terres kirghizes

26 juil
Vladimir Ilitch Oulianov

Vladimir Ilitch Oulianov

Voici un rapide compte rendu de presque trois semaines passées au Kirghizistan (Кыргызстан). Deux français et un kirghize partis à la rencontre des paysages, des habitants afin de rapporter des images permettant de constituer un témoignage de la culture kirghize.

Un itinéraire avait été prévu avant le départ. Cependant, quelques impondérables nous ont amenés à le modifier, ou à l’adapter après avoir discuté avec d’autres voyageurs qui nous ont parlé de lieux moins touristiques, mais visiblement intéressants. Au final, notre voyage s’est déroulé comme suit… Read the rest of this entry »

 
No Comments

Posted in Voyages

 

Retour au Kirghizistan

02 juil
Charpente de yourte kirghize

Charpente de yourte kirghize

Presque 3 ans après mon premier voyage au Kirghizistan, j’y retourne. Cette fois je ne vais apporter un peu d’assistance pour le festival At Chabysh, mais pour accompagner mon précédent guide qui souhaite réaliser un livre sur son pays. Ce sera donc 3 semaines à barouder afin de ramener assez de belles images pour en réaliser un livre. L’objectif est ambitieux, je tâcherai d’être à la hauteur. Si à mon premier passage j’ai ramené quelques clichés dont je pouvais tirer une certaine fierté, il me faudra être plus constant dans ma production cette fois-ci.

Les sujets (paysages du moins) ne devraient pas manquer. Ensuite, bien que je n’apprécie pas de faire des portraits à la dérobée, la tâche est beaucoup plus simple là bas. Lors de mon dernier périple, de nombreuses personnes voulaient poser, étaient contentes quelques instants de se voir au dos de l’écran de mon appareil, me remerciaient et repartaient vaquer à leurs occupations. Naturellement, cela fonctionnait bien avec les enfants, mais les adultes également partageaient le même engouement.

Pour ceux d’entre vous qui trouvent que le Kirghizistan, ca sonne bien, mais ne savent pas où cela se trouve, un petit peu d’aide : suivez ce lien !

Comme vous vous en doutez, je vais de nouveau prendre l’avion… Mon empreinte carbone pour 2009 était déjà très mauvaise en l’état, elle ne fera qu’empirer ce mois-ci. Pourtant, je n’ai récemment que peu pris la voiture, uniquement pour des déplacements difficiles à faire en transports en commun ou à vélo.

3 semaines de randonnée, de visites, de rencontres, 3 semaines pour se vider, 3 semaines pour changer d’air…

 

10 jours de pistes ougandaises

10 avr

Il était facile d’en parler, d’énoncer à qui voudrait l’entendre que je partais faire le tour de l’Ouganda « en solitaire ». Le jour du départ venu, je ne faisais plus autant le fier. En prenant le volant, impossible de faire disparaitre la pensée suivante : « qu’est-ce qui m’a encore pris ? ».

Voici donc le récit décousu de 10 jours passés à arpenter l’Ouganda. Dix jours, cela peut sembler court, mais dans les conditions de voyage qui vont suivre, ce sont 10 jours qui seront bien remplis.

Dimanche 29 mars, levé à 8 heures du matin, j’étais enfin prêt pour partir. Je m’étais remis d’une soirée un peu trop arrosée le vendredi soir et j’avais eu le temps de garnir mon véhicule. Inventaire, sur le parking de l’hôtel : mon Landrover Prado de location obtenu la veille ; dans son coffre : une tente, un matelas gonflable, une pompe, un duvet, quelques boites de biscuits, des réserves d’eau ; sur le siège passager, une carte du pays, deux guides touristiques ; sur les sièges arrières, mon matériel photo qui n’a pas attendu longtemps avant d’être rejoint par du linge en court de séchage. Je n’étais pas équipé au mieux, mais c’était suffisant pour peu qu’il n’y ait pas trop de surprises.

À 9 heures du matin, je quittais le parking, moi-même incrédule quant à ce que j’allais faire. Je n’avais alors qu’un seul objectif : rejoindre le parc de Murchison Falls, pour aller passer ma première nuit près des chutes. Pour le reste, je n’en savais rien, à part l’idée générale de visiter tout l’ouest du pays en descendant jusqu’au Rwanda. Read the rest of this entry »

 

167 + 1 à Kouré

27 juil

On m’en avait parlé, j’avais essayé de m’y rendre sans succès durant mon premier séjour au Niger.

Où donc ? (le premier qui répond « au Parc Astérix » sort)

Et bien dans la réserve de Kouré afin de voir évoluer en liberté les dernière girafes blanches d’Afrique.

Blanches elles ne le sont pas, mais leurs motifs sont beaucoup plus clairs que ceux des girafes plus traditionnelles que l’on croise dans les zoos du monde entier.

Il y a 15 ans, avant qu’elles ne soient protégées, elles n’étaient plus qu’une grosse soixantaine. Sachant qu’une girafe se nourrit d’une trentaine de kilos de végétaux par jour (surtout de l’acacia), on comprendra aisément qu’elles n’aient pas que des amis parmi les paysans. Ces derniers les chassaient donc et en consommaient la viande.

Aujourd’hui ces girafes sont protégées, et des fonds sont alloués aux plantations d’acacia et également aux dédommagements des cultures des paysans afin d’éviter le braconnage de ces animaux. La formule semble fonctionner puisque maintenant on dénombre 167 individus répartis en quelques troupeaux qui voyagent du Niger au Burkina Fasso.

La girafe est un animal docile qui se laisse approcher jusqu’à une vingtaine de mètres avant de songer à s’éloigner un peu. Elle considèrent toujours l’homme comme un prédateur potentiel, et malgré leur avantage de taille (un peu moins de 5m pour 800 kg pour les femelles et jusqu’à 6m50 pour 1200 kg pour les mâles), elles préfèrent jouer la carte du retrait plutôt que celle de la confrontation.

Nous aurions souhaité partir à leur rencontre avec Badi, notre chauffeur presque habituel et son Berlingo, mais nous avons été pris de vitesse par d’autres qui ont eu la même idée… Après quelques recherches, nous avons trouvé un autre chauffeur, et, coup de chance, c’est en 4×4 pickup Mitsubishi que nous partons. Ce 4×4 nous sera utile puisque nous allons à l’aide de notre guide, Sidou, parcourir la brousse hors des sentiers battus pour partir à la rencontre de ces créatures qui me ramènent à ma juste taille !

Arrivés dans la réserve, il ne nous faut que quelques minutes de piste pour découvrir un premier groupe de girafes. La rencontre dure quelques minutes, mais n’est pas celle qui me laissera un souvenir impérissable.

Nous reprenons la piste (et non, pas la route), et nous partons dans un autre endroit chercher un autre troupeau. Le 4×4 nous permet de nous aventurer plus loin des pistes et nous amène jusqu’à une bordure de bute d’où nous pouvons admirer la brousse sur quelques kilomètres et surtout identifier la présence des girafes. De notre point de vue, nous identifions un autre troupeau à un petit kilomètre et partons à sa rencontre à pied. Aujourd’hui, le temps est couvert et si il ne fait pas 40° à l’ombre, il fait à l’aise entre 30° et 35°, ce qui est largement suffisant pour notre petite vadrouille.

Nous nous dirigeons d’abord vers 2 girafes qui sont un peu à l’écart du reste du troupeau. Sidou, notre guide, nous présente Sidou, un grand mâle d’une vingtaine d’années qui porte son nom. Sidou est aisément identifiable par une corne cassée. Cette corne Sidou l’a perdu dans un combat, mais reste depuis un mâle dominant.

Sidou & sa compagne

Sidou & sa compagne

Si Sidou est à l’écart avec une femelle, c’est pour une raison bien particulière. Moi même qui ne suis pas spécialiste de cet animal m’en rends bien vite compte. Nous pouvons nous approcher mais je reste attentif, prêt à presser le déclencheur. Soudainement Sidou assaillit sa demoiselle qui bondit aussitôt. J’étais prêt et j’empoche trois images de cette action qui n’a pas duré deux secondes. Je me retourne vers Sidou, notre guide et je lui dit « Raté… » pensant que la femelle n’avait pas été consentante. Sidou m’annonce avec fierté : « Non, réussi… ». Naturellement, comme la gestation dure 15 mois, je ne serai pas là pour vérifier si il avait raison… J’appréciais particulièrement les émissions animalières étant plus jeune, mais je n’ai le souvenir d’aucune d’elle qui détaille l’accouplement et surtout ce qui suit. La girafe a en effet des habitudes scatophiles. Si j’ai eu l’occasion d’assister au « spectacle », j’ai eu la décense pour ces dernières de ne pas immortaliser l’acte…

On me regarde ?

On me regarde ?

Après ce petit quart d’heure éducatif, nous partons à la rencontre du reste du troupeau. Nous découvrons deux girafons qui font la sieste sous un arbre, protégés par leurs congénaires.

Les girafons sont curieux mais pas trop. Alors que nous continuons notre approche, ces derniers décident d’aller voir ailleurs si nous y sommes. C’est pas si facile de se relever lorsqu’on a de grandes pattes, un long cou et que l’on est sous un arbre…

Il est temps de rentrer, surtout que j’avais pensé à prendre mon sac photo au complet… mais pas de bouteille d’eau… Une chose est sûre, ce coca pris à l’hotel en rentrant, je l’ai savouré !

 

Voleur d’images

26 juil
Barque de pêcheurs sur le fleuve Niger

Barque de pêcheurs sur le fleuve Niger

Enfin…

Second séjour à Niamey et l’ambiance est un peu moins studieuse. Pour la première fois depuis que j’ai posé les pieds dans cette ville, j’ai l’occasion de vadrouiller.

Ni une, ni deux, je prends mon sac photo qui commençait à se demander si je ne lui faisais pas un peu la tête. Comme il est 17h30 en ce samedi et que le soleil commence à se rapprocher de l’horizon, je décide de partir à l’exploration des rives du fleuve dont j’ai un bel aperçu depuis la fenêtre de ma chambre. Pour se faire, c’est simple : sortir de l’hôtel, remonter un peu le boulevard et prendre la première rue qui redescend vers le fleuve.

Comme je le pressentais, je commence à peine ma descente dans cette rue que je suis abordé par un « mendiant ». Il a à peu près 15 ans, il lui manque une jambe. Je pourrai essayer de l’écarter, mais ce n’est pas certain qu’il ne me suive pas et cela laisserait la place libre à d’autres. Bref, puisqu’il est là, je le garde, il n’attend rien d’autre qu’une pièce qui tombe et va me servir de guide dans le quartier dans lequel je m’aventure.

Mon objectif est de mettre les pieds sur les berges du fleuve. Bien qu’étant à Niamey, il n’y a pas de berge en dur. Le fleuve dispose d’un lit assez large et monte et descend rapidement en fonction des pluies sur son bassin. Alors que la rue m’amène doucement vers les berges, je remarque que ces dernières ne sont pas exactement des terrains libres d’accès. Beaucoup y ont établi leur demeure ou exploitent la zone. On y trouve quelques cultures, variées mais toujours en petites quantités (maïs, manioc, tomates, etc.). L’eau, le soleil et l’ombre n’étant pas des ressources rares ici, il est possible de tout faire pousser. Les cultures ne sont cependant pas l’utilisation principale des sols : de nombreux « pépiniéristes » pratiquent en effet les cultures des diverses plantes (manguiers par bouturage, etc.) afin de les revendre sur le bord du chemin.

Bande du « rwa » lion

Bande du « rwa » lion

Grâce à mon « guide », je découvre ce quartier mitoyen de mon hôtel de luxe, pénétrant des endroits que je n’aurai pas jugés accessibles. L’intuition de venir en ces lieux était bonne du point de vue photographique. La lumière déclinante est belle, les sujets ne manquent pas. Si je n’ai aucun problème à m’aventurer sur les berges afin d’obtenir des images de pêcheurs sur le fleuve, je ne parviens pas à tirer de portrait « à la sauvette ».Même si les occasions de réaliser de belles images se présentent en masse, je ne me sens pas le courage de « voler » ces images. Je ne sais pas si Steve McCurry et consorts prennent le temps de faire connaissance avec ceux qu’ils rencontrent ou si ils ne s’embarrassent pas de ces considérations, mais j’aimerais bien savoir.

A proximité, mais pas trop près

A proximité, mais pas trop près

Bon, il faut bien modérer mon propos par le fait que les enfants, lorsqu’ils sont en bande, sont toujours demandeurs d’avoir leur portrait tiré. Bien qu’à quelques milliers de kilomètres des rives du lac Issyk-Kul (Kirghizstan), je revis la même scène avec une bande du quartier. Je réalise quelques images en pleine rue avec des enfants qui se précipitent dès l’image est prise afin de voir le résultat sur l’écran de l’appareil. Chose curieuse, celui des enfants qui porte une veste est ici aussi celui qui est exclu du groupe et qui cherche à venir sans pouvoir trop s’approcher. Le port du costume serait-il en fait un signe international de marginalisation ?

Au-delà de l’intérêt photographique de cette sortie, je ne peux qu’être interpelé par le contraste de ma présence en ce milieu défavorisé mais pourtant pas hostile. Même si a priori je suis une cible facile, je suis plutôt bien toléré : on me regarde, mais on discute avec moi, surtout pour essayer de m’inviter à faire un tour en pirogue sur le fleuve (moyennant finances, bien évidemment). Si les Nigériens sont plutôt pacifiques et accueillent volontiers les étrangers, tous les européens n’ont pas eu droit au même traitement : un d’entre eux fut dépouillé le soir même dans un autre quartier, mais ce genre d’incident reste rare dans ce pays.

Un européen ne pourra pas s’empêcher de noter le contraste violent qui oppose ces rues à celles de nos grandes villes. Si nos existences mettent en avant l’opulence et le bien être matériel, les contacts entre individus se résument à bien peu de choses. Votre voisin à Paris est bien plus facilement identifié comme une menace que comme une personne avec qui vous iriez volontiers discuter au bar du coin. Ces rues de Niamey m’offrent le spectacle opposé : les gens semblent pauvres matériellement parlant, mais ca grouille de vie. Là où il y a absence de richesse matérielle, il y a richesse sociale. Je n’apporte rien de nouveau à ces discussions, mais l’ayant vécu moi-même, je ne peux que me demander si de 1850 à nos jours, nous n’avons pas perdu quelque chose de fondamental avec l’avènement de la société de consommation… Après tout la richesse n’est finalement qu’une histoire de référentiel, lesquels d’eux ou de nous sont-ils les plus riches ? Lesquels ont-ils besoin de copier l’autre ?