Canon EOS 5D Mark II, mon retour d’expérience

Canon EOS 5D Mark II

Canon EOS 5D Mark II

Alors que je m’apprêtais à partir de nouveau au Kirghizistan pour un voyage très teinté photographie cette fois-ci, j’ai effectué quelques achats afin de profiter de l’occasion au mieux et également pour éviter de me retrouver en rade de réflex si mon unique EOS 30D venait à défaillir. J’avais longtemps lorgné du coté de l’EOS 5D en son temps, c’est finalement vers l’EOS 5D Mark II que s’est porté mon choix, le plus logique compte-tenu de l’utilisation que j’en aurai et de mon parc d’objectif déjà acquis.

Je me suis donc procuré un EOS 5D Mark II quelques semaines avant le départ, afin de m’habituer à l’objet et ne pas être pris au dépourvu sur le terrain ou d’avoir de mauvais surprise au retour en consultant les images sur grand écran.

Je n’entrerai pas ici dans les détails des fonctionnalités et caractéristiques du boitier. Beaucoup l’ont déjà très bien fait, ce n’est pas l’objet de ce billet que de faire de la redite. Je préfère rapporter ici mon retour d’expérience, mes remarques concernant les petits-plus comme les déceptions. Voici donc mon compte-rendu suite à quelques semaines d’utilisation, tout en étant déjà familiarisé avec le monde Canon.

Les plus :

  • La qualité d’image tout d’abord. Je m’attendais à un gain qualitatif venant du 30D, mais pas un effet « Waou » à contempler les clichés sur l’écran. La principale amélioration constatée n’est pas liée aux qualités intrinsèques du capteur, mais à sa taille : à cadrage équivalent, la longueur focale monte, ce qui permet de « flouter » d’autant mieux l’arrière plan avec des grandes ouvertures. Ce capteur plein format me fait redécouvrir mes optiques.
  • ISO dans le viseur et sur le LCD externe. Oui, ca n’est pas une nouveauté avec le 5D mark II, mais dieu que j’apprécie.
  • Touches de configuration personnalisées C1, C2 et C3 (là aussi introduites initialement avec le 40D). Qui ne sait jamais retrouvé dans une situation où pour faire bien, il faut soudainement changer tous les réglages de l’appareil ? Personnellement, c’est déjà arrivé, et plus d’une fois. Typiquement, ce genre de situation arrive lorsque je suis en configuration pour suivre une action sportive (Tv, 1/800, ISO 400, AF Suivi prédictif, Mode rafale) et je remarque sur le bord de l’action un sujet statique qui mérite photo. Là, j’aimerai rapidement basculer en mode plus « posé » (Av, f/8, ISO 100, AF One Shot, pas de rafale), cadrer, prendre l’image et retourner suivre l’action. Ces modes customisés me permettent de basculer rapidement d’une configuration à l’autre et ce en très peu de temps et sans risque d’oubli. En deux mots : « J’adore ».
  • L’anti-poussière. Bon, jusqu’ici, rien à en dire, ca ne fait pas assez longtemps que j’ai le boitier. Dans quelques semaines ou quelques mois, j’aurai une meilleure idée de son efficacité par rapport à mes anciens boitiers.
  • Le viseur. Je m’attendais à une « révélation ». Elle n’a pas eu lieu, je n’avais pas l’impression que c’était plus confortable de mémoire que le viseur pour petits capteurs. Alors, j’ai repris l’EOS 30D quelques instants, et là, oui, la différence est notable, mais je m’étais adapté à ces plus petits viseurs.
  • Le 17-40 qui redevient un ultra-grand angle. Quel bonheur, j’avais oublié ce que c’était. Le 24-70 devient mon objectif « tout venant », je n’ai plus de double usage entre le 17-40 et le 24-70 tel que j’en avais avec le 30D. Ma gamme d’objectifs est maintenant plus adaptée à mes usages.
  • Bonne surprise, le manuel mentionne une télécommande RC-1. Si elle n’avait pas été illustrée à coté du texte, je ne me serai pas rappelé que j’avais acquis cette télécommande pour mon EOS 10 (sans D) acheté il y a plus de 15 ans. Après avoir rouvert la sacoche le contenant (et qui prenait la poussière), je l’ai retrouvé, et oh surprise, elle fonctionne très bien avec l’EOS 5D Mark II. Comme quoi la compatibilité avec certains accessoires est meilleure qu’on veut parfois bien l’entendre.

Les désagréments :

  • Même si la construction semble solide, j’ai été surpris par la légèreté du boitier. Je m’attendais à plus lourd avant de le prendre en main pour la première fois. Ceci étant, je ne vais pas me plaindre : le 24-70/2.8 devenant mon objectif par défaut, le poids total s’en ressent.
  • Réglage de la date et de l’heure : j’avais trouvé l’interface du G10 bien faite car disposant d’une fonction permettant de changer rapidement de fuseau horaire sans régler de nouveau l’heure. Je m’attendais à retrouver cette fonctionnalité bien sympathique sur toute la gamme. Hélas, elle n’est pas présente sur mon EOS 5D mark II.
  • Une ergonomie semblable à mon EOS 30D, mais néanmoins différente. Mais pourquoi donc organiser des « tournantes » entre les fonctions sur les 4 touches sur le capot supérieur ? Non seulement le réglage des ISO n’est plus sur la même touche, il n’est plus non actionné par la même molette. Sachant que ces réglages étaient devenus des automatismes chez moi, j’ai de nouveau besoin de tout réapprendre, et je ne peux pas passer facilement du 5D Mark II au 30D si j’en ai besoin. J’espère que Canon se décidera une fois pour toutes de l’attribution des fonctions aux touches.
  • Verrouillage du miroir… Je l’avais espéré… Mais non, Canon se refuse à rendre cette fonction simple d’accès. Impossible ne serait de l’activer par défaut avec le retardateur à 2s. Dire que chez Nikon, il suffit de fermer l’oculaire pour que le miroir soit remonté (il me semble). Certes le menu personnalisé permet de rendre cette fonction plus simplement accessible, mais ca pourrait être encore plus simple !
  • Numéro de photo dans les EXIF. Le numéro de l’image (celui qu’on retrouve dans le nom du fichier) était auparavant présent dans les EXIF (du temps de mon EOS 10D). J’en avais noté l’absence sur l’EOS 30D et j’espérais que cette petite fonction serait de retour. Elle est bien pratique pour être certain de remettre dans l’ordre les images prises en rafales si jamais elles ont été renommées. Sans cela, impossible de dire avec certitude l’ordre de prise de vue sachant que l’horodatage de ces dernières s’arrête à la seconde.
  • Protection de l’écran LCD. Alors que Nikon et maintenant également Sony proposent des caches remplaçables pour protéger les grands écrans LCD au dos des boitiers, Canon n’offre toujours rien de la sorte. Mes deux précédents boitiers, EOS 10D et EOS 30D, ne bénéficiaient pas non plus de ce genre de traitement, et après plusieurs mois d’utilisation dont des randonnées, tous deux ont des écrans plus ou moins rayés. J’aimerai bien que sur ce point, Canon s’inspire également de la concurrence !
  • Tropicalisation. Certes Canon a amélioré ses boitiers experts sur ce point, mais ils restent en retrait de la concurrence (Nikon D300 et D700, Sony Alpha 900, Pentax K-7, Olympus E-3). Après plusieurs années d’utilisation d’EOS numériques, J’ai remarqué que l’eau (pluie fine) parvenait à s’introduire à l’intérieur dans les boutons, idem pour la fine poussière (elle bloque légèrement le déclencheur de mon EOS 30D). Une bonne étanchéité du boitier ne me semble plus un luxe.
  • La touche AF-On. Je pensais en faire usage rapidement, mais en quelques semaines, je n’ai pas trouvé l’usage que j’en attendais, en particulier en raison des configurations personnalisées. Si quelqu’un en a trouvé une utilisation réellement utile, je serai curieux de lire en commentaire dans quelles conditions et avec quel réglage (personnalisation C.Fn IV).

En conclusion, je suis pour le moment enchanté. Un dernier petit conseil pour Canon : pour le Mark III, ne visez pas plus de pixels, les fichiers dont déjà bien assez gros. Un peu plus de dynamique, une meilleure tenue au bruit dans les hauts ISO (ca ne sera jamais assez bien) et le système AF de la série 1D feraient un appareil quasiment parfait (pourvu que vous corrigiez également les autres petits détails précédemment énoncés).

2 commentaires


  1. fred:

    Non chez nikon il ne suffit pas de fermer l’oculaire pour que le miroir remonte.

    Et dire que je pensais que les Nikonistes étaient à très bonne enseigne sur ce point 😉

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